Série sur le don d'organes et la transplantation - Episode 3 - Une histoire de la transplantation rénale: de l'impossible au quotidien

Publié le 21/08/2026 à 17:14
par Sylvain Bisch
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Le 25 décembre 1952, à l'hôpital Necker à Paris, Marius Renard, un jeune couvreur victime d'une chute de toit, reçoit un rein donné par sa mère. Il s'agit de la première transplantation rénale réalisée en France. Si le greffon ne fonctionne que quelques semaines en raison d’un rejet, cette intervention constitue une étape majeure de l'histoire de la transplantation. Deux ans plus tard, à Boston, Joseph Murray réalise la première transplantation rénale durable entre deux frères jumeaux. Parce que leurs patrimoines génétiques sont identiques, le greffon n'est pas rejeté. Cette réussite marque le véritable début de la transplantation moderne.

Les décennies suivantes voient se succéder plusieurs avancées majeures : la compréhension des mécanismes du rejet, la découverte du système HLA, le développement des techniques de conservation des organes et l'arrivée de traitements immunosuppresseurs toujours plus performants, notamment la ciclosporine au début des années 1980. Grâce à ces progrès, la transplantation est devenue aujourd’hui le traitement de référence de l'insuffisance rénale terminale.

Strasbourg s'est très tôt inscrit dans cette aventure médicale et humaine. Le 6 décembre 1977, les professeurs Kieny et Cinqualbre réalisent la première transplantation rénale aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Cette première greffe marque le début d'une activité qui n'a cessé de se développer. Au fil des années, les équipes strasbourgeoises ont accompagné toutes les grandes évolutions de la transplantation: première greffe rénale à donneur vivant à partir d’une jeune femme qui donne un rein à son frère en janvier 1984, première transplantation combinée rein-pancréas quelques mois plus tard, double transplantation foie-rein en 1986 et cœur-rein en 1990. En 2018, on assiste au premier prélèvement sur donneur après arrêt circulatoire contrôlé (Maastricht III) ; la première greffe rénale issue d'un don croisé a été organisée en 2022, et enfin la première transplantation rein–îlots pancréatiques simultanée est réalisée en 2025.

À la fin de l'année 2025, on comptabilise pas moins de 3594 transplantations rénales faites à Strasbourg. Ces dernières années, les équipes des HUS effectuent environ 130 greffes rénales par an« Ces chiffres témoignent d'une expertise reconnue, mais surtout d'un engagement collectif mobilisant bien au-delà des seules équipes médico-chirurgicales de transplantation rénale », souligne Samir HENNI directeur général. Réanimateurs, anesthésistes, chirurgiens, biologistes, infirmiers, coordinateurs de prélèvement, et bien d'autres professionnels participent chaque jour à cette chaîne de solidarité.

Derrière chaque greffe se trouvent également et avant tout un donneur, une famille qui a accepté le don dans un moment particulièrement difficile, et un receveur qui retrouve une espérance de vie et une qualité de vie souvent transformées.

Le don d'organes demeure le premier maillon de cette chaîne. En parler avec ses proches, connaître la réglementation et soutenir la culture du don sont autant d'actions qui permettent de sauver ou de transformer des vies. À Strasbourg, cette histoire se poursuit chaque jour grâce à l'engagement de l'ensemble des professionnels des HUS.