La première greffe combinée cœur-poumon réussie au monde a eu lieu le 9 mars 1981 à Stanford.
La patiente, Mary Gohlke, 45 ans, était atteinte d'une hypertension artérielle pulmonaire sévère. Condamnée par les médecins, elle refuse l'abandon. En lisant dans son journal local les résultats prometteurs d'un nouveau médicament, la ciclosporine, elle contacte l'équipe de Stanford, puis fait accélérer son autorisation jusqu'à convaincre un sénateur. Grâce à sa ténacité, elle est greffée et vivra cinq années supplémentaires avec le cœur et les poumons de Robert Smith, un adolescent disparu dans un accident.
La greffe cœur-poumon reste aujourd'hui l'une des plus rares. En France, le nombre de patients concernés chaque année se compte sur les doigts des deux mains. Les progrès permettent désormais d'orienter de nombreux patients vers une greffe pulmonaire seule, préservant ainsi un greffon cardiaque pour un autre receveur.
« Les HUS font partie des rares CHU français à pratiquer cette activité, grâce à la concertation étroite d'équipes médico-chirurgicales et d'anesthésie-réanimation spécialisées en cardiologie et en pneumologie », souligne Samir HENNI directeur général des HUS. La première greffe cœur-poumon strasbourgeoise, réalisée en 1991, a offert 28 années de vie supplémentaires à la patiente, qui a atteint l'âge de 82 ans. Depuis, 36 greffes cœur-poumon ont été réalisées aux HUS.
Derrière chaque greffe, il y a un donneur, une famille et des équipes mobilisées. Le don d'organes demeure le premier maillon de cette chaîne. En parler avec ses proches reste un geste essentiel.
