L’équipe de chirurgie mammaire des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg a réalisé une première mastectomie totale micro-invasive, avec reconstruction mammaire immédiate par prothèse sous assistance cœlioscopique. Cette technique innovante est une première sur l’ensemble du territoire. Très peu d’hôpitaux en France et en Europe proposent cette intervention.
Cette approche repose sur une mastectomie réalisée sous assistance endoscopique par une incision unique courte, d’environ 3 à 4 cm, dissimulée dans le creux axillaire, évitant toute cicatrice visible sur le thorax. L’insufflation de gaz dans la zone opératoire permet de travailler sans tension cutanée, tandis que l’endoscope muni d’une caméra offre une visualisation précise des plans anatomiques et facilite une hémostase fine grâce à des instruments respectueux des tissus.
La glande mammaire est ainsi décollée de la peau en superficie et du muscle pectoral en profondeur. Après l’ablation mammaire, une prothèse de reconstruction est introduite par la même incision et positionnée en pré-pectoral à l’aide d’un dispositif dédié.
Comparée à la chirurgie conventionnelle — qui nécessite habituellement une incision sous-mammaire de 10 à 12 cm ou une incision péri et latéro-aréolaire — cette technique mini-invasive permet l’absence de cicatrice visible sur le sein. Elle autorise la préservation de l’étui cutané « la peau du sein » ainsi que la plaque aréolo-mamelonnaire, favorisant un résultat esthétique plus naturel et souvent une récupération fonctionnelle plus rapide, avec des douleurs post-opératoires réduites. La localisation axillaire de la cicatrice, à distance de la loge prothétique, contribue également à diminuer le risque de complication et de déplacement de l’implant.
Cette technique peut être proposée, à visée prophylactique, chez des femmes porteuses de mutations génétiques à haut risque de cancer du sein (BRCA1 ou BRCA2), notamment lorsque le volume mammaire est modéré (bonnet A ou B) et en l’absence de ptose importante.
Elle peut également être indiquée chez certaines patientes présentant un cancer du sein de petite taille, à distance du mamelon, sans atteinte cutanée, et souhaitant une mastectomie totale avec conservation de la peau et de la plaque aréolo-mamelonnaire associée à une reconstruction immédiate par prothèse.
